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21 novembre 2012
Jérémy Roggy

L’austérité, prétexte pour fléxibiliser le marché du travail

Les recommandations dogmatiques du FMI

Quand le rapport Gallois prône des allégements, voire des éxonérations de cotisations sociales et patronales pour les entreprises, de son côté le FMI appelle l’Europe à flexibiliser son marché du travail en période d’austérité accrue. Extraits choisis.

"Réforme des marchés du travail et des produits :

Les progrès ont été inégaux. Un certain nombre de pays, en
particulier dans la zone euro, commencent à prendre
des mesures visant à améliorer le fonctionnement de
leur marché du travail, mais ils sont moins actifs pour
s’attaquer au chômage de longue durée ou réformer les
marchés des produits, en particulier des services.
Les réformes du marché du travail peuvent stimuler
l’emploi de diverses manières. Elles peuvent réduire les
coûts d’embauche et de licenciement, ou réduire les
salaires minimums lorsque ces derniers sont si élevés
qu’ils menacent l’emploi des jeunes ou des moins
qualifiés. De telles réformes sont en cours en Italie et
en Espagne.

Des accords trilatéraux entre les syndicats,
les patrons et les pouvoirs publics peuvent être un
élément important de ces réformes en coordonnant
l’ajustement des coûts relatifs de main-d’oeuvre, ce qui
est essentiel pour réaligner la compétitivité entre les
pays en déficit et les pays en excédent de la zone euro.
Les syndicats et le patronat peuvent aussi mettre en
place des conventions collectives plus souples, comme
ils l’ont fait avec beaucoup de succès en Allemagne.
Dans la mesure où des réductions de salaires à grande
échelle ont lieu dans les pays en déficit, les ménages
auront peut-être besoin d’aide pour faire face à leur
endettement : il est donc important de mettre en place
des programmes efficaces de restructuration de la dette
des ménages.

Des politiques actives du marché du travail
peuvent avoir des effets très positifs sur l’emploi en
faisant mieux correspondre les offres et les demandes
d’emploi et en encourageant l’éducation et la formation
professionnelle des travailleurs déplacés par
des chocs touchant des secteurs particuliers, tels que
l’effondrement de la construction en Espagne et aux
États-Unis. Les pouvoirs publics peuvent accroître le
taux d’activité à l’aide de subventions pour des emplois
occupés par les chômeurs de longue durée ou des
emplois créés par des petites et moyennes entreprises,
dont beaucoup ont du mal à obtenir du crédit.
Dans divers pays, en particulier européens, il
convient d’accélérer la réforme du secteur des services,
en particulier pour créer davantage d’emplois à moyen
terme.

Grâce à une intensification de la concurrence et
à une réduction des obstacles à l’entrée sur le marché,
une baisse des salaires contribuerait davantage à la
création d’emplois qu’à une augmentation des bénéfices
des entreprises.
Il est nécessaire aussi d’améliorer le climat des affaires dans plusieurs pays de la zone
euro en réduisant les procédures et les coûts qui pèsent sur l’entreprenariat et en simplifiant les procédures de faillite de manière à mieux défendre les droits de propriété et à faciliter la sortie des entreprises inefficientes."

Source : Perspectives de l’économie mondiale - FMI (p36)

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