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23 avril 2013
redac

Notre siècle a besoin d’audace

par Antoine Briel, 19 ans, Strasbourg

Au début du siècle dernier, André Siegfried avait introduit le concept de sociologie électorale : chaque individu, selon le milieu dont il provenait, selon le lieu où il habitait était prédestiné à voter de telle ou telle manière. Les différences de résultats lors des différents scrutins se faisant seulement selon la capacité des hommes politiques de l’époque à mobiliser un électorat qui leur était de toute manière acquis. Pendant longtemps, les mots de socialisme et de communisme ont en effet raisonné comme une évidence dans toute une classe populaire. Mais face à la transformation de l’un en social-démocratie qui s’accommode désormais très bien des valeurs de droite- et l’échec du second dans sa forme soviétique, les repères de toute une gauche se sont trouvés bouleversés. Il s’est alors ancré dans la conscience collective, et c’est bien là la force du modèle capitaliste, que le monde dans lequel nous vivons est une fatalité et que la « fin de l’histoire » est une réalité.

Nous sommes à une époque de construction ou plutôt de reconstruction. Reconstruction d’une idéologie, reconstruction d’un mode de société... Et à ceux qui diraient que c’est impossible nous leur répondrions que la première raison de l’immobilisme est l’absence de volonté de bouger, que les choses ne changent pas si on n’essaye pas de les changer et que la résignation ne mène jamais à rien. Indignons nous, disait Stéphane Hessel. Comme cela est vrai. Indignons nous contre ces injustices de chaque instant, indignons nous contre ces inégalités qui augmentent, indignons nous contre ce monde qui marche sur la tête. Mais surtout, sortons quelque chose de notre indignation, sortons un espoir, sortons un futur. Il appartient à nous tous de construire le monde dans lequel nous voulons vivre, il appartient à nous tous de faire prendre conscience à tous ceux qui nous entourent que non, tout cela n’est pas irréversible, que nous ne sommes pas condamnés à vivre éternellement de cette manière, que nous ne devons plus laisser notre indignation et notre volonté de changement être terrassées par une dose de fatalité relayée sans cesse par les chiens de garde de l’idéologie dominante.

En 1936, alors que le Front populaire venait d’être élu, le socialiste Marceau Pivert publia dans le journal le Populaire son célèbre article « tout est possible ». Oui, tout est possible. Qui aurait prédit au XVIIIème siècle qu’une révolution allait emporter la monarchie absolue sur son passage ? Qui aurait prédit lors de l’effondrement de Wall Street en 1929, que quelques années plus tard, un Front populaire porté au pouvoir entrainerait l’augmentation des salaires, les deux semaines de congés payés et la limitation du temps de travail ? Peut être que la montagne à gravir aujourd’hui est plus grande encore qu’elle l’était autrefois, mais elle est un obstacle irrémédiable que pour celui qui n’ose pas commencer l‘ascension.

Notre siècle a besoin d’audace, alors osons, osons dire que nous ne voulons plus de ce système, osons dire qu’il est possible de le changer, osons ramener l’espoir ; et que cet espoir retrouvé fasse place à l’action.

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