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30 mai 2013
Sophia Hocini

Ce mal que l’on appelle Dumping Social

Le jeu de la compétitivité et de la course à la croissance deviennent de plus en plus dangereux pour les ouvriers et le maintien de leurs droits. C’est ainsi que cette semaine était définitivement adopté la loi ANI : une législation en matière de droit du travail et de salaires qui se révèle clairement défavorable aux salariés : dans quel but ? attirer les investisseurs et les entreprises sur notre sol.

A ceux qui ont cru à un changement de paradigme, voici le spectre du social-libéralisme muselé par ce système financier létal qui se veut prospère et porteur de croissance. Leur modèle européen est l’Allemagne, sans savoir, ou plutôt en occultant le fait qu’il est basé sur la servitude et le déni des acquis sociaux, laissant la porte ouverte à la misère et l’exploitation. Les institutions supranationales ainsi que les bons élèves du budget scandent sans cesse qu’ils faut ramener la balance commerciale à l’équilibre et qu’il faut limiter le déficit, toujours plus, toujours plus sévèrement. Sauf qu’évidemment, étant pris dans la spirale de la concurrence et de la compétitivité, ils cherchent à s’attirer les louanges du patronat en se comportant en gentils petits toutous de la finance, qui était censé être leur adversaire, rappelons-le.

Leur seule solution est donc de jouer au petit Schröder, celui là même qui a imposé à l’Allemagne une cure d’austérité sans précédent et qui en quatre ans avait à l’époque imposé pas moins de 150 milliards de marks de coupes budgétaires, tout cela, en partie dans le portefeuille du ministère du Travail.
Aujourd’hui en France, alors que le pouvoir d’achat est au plus bas de manière inédite depuis presque 30 ans, notre gouvernement suit le même chemin : une loi qui tue le code du travail, des salaires qui n’augment pas et dernièrement on nous annonce l’avancement de la durée de cotisation, 44 annuités nous dit-on. Une pression supplémentaire est également exercée par le MEDEF qui réclame une augmentation du temps de travail.

Au nom de la compétitivité, les patrons par le biais du MEDEF réclament plus de fléxibilité, toujours plus de "rationalisation" dans l’organisation du travail pour assurer l’essor des entreprises et de leurs propriétaires, afin les conforter dans l’opulence dans laquelle ils vivent, alors que pendant ce temps, la misère augmente toujours plus et le code du travail s’en trouve complètement cassé. La mondialisation du modèle de la concurrence pure et parfaite prôné par le libéralisme enrichit les plus riches et appauvrit toujours un peu plus les plus pauvres. Ce formidable modèle qu’est l’Allemagne qui maîtrise tellement bien son budget, on oublie trop souvent de le dire, compte 16% de pauvres alors qu’en France nous faisons tout de même un peu mieux, 14%. Qu’en sera-t-il lorsque l’on nous infligera toujours plus d’efforts pour soutenir et prolonger la croissance et permettre à nos chers patrons de se remplir les poches ?

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