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17 juin 2013
HDW

Journalisme ≠ Promotion

A l’heure où la sphère politique brandit le terme "démocratie" à tout va, la liberté de la presse est de plus en plus sujette aux pressions. Y compris à l’échelle locale. Témoignage.

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Je m’appelle Alexandre, j’ai 23 ans, je suis correspondant de presse en province depuis deux ans et malgré la précarité de ce statut, je l’assume avec passion. Aller chercher l’information, la traiter et la relayer auprès des citoyens de manière objective, voilà une démarche à travers laquelle je me sens utile.

Depuis quelques temps pourtant, je me pose des questions sur son bon déroulement. Deux événements, outre les relectures d’articles avant publication que l’on me demande parfois, m’ont poussé à écrire cet article.

Contrôle de l’information

Il y a quelques semaines, j’ai voulu rédiger un papier sur le dixième anniversaire d’un dispositif de soutien artistique émis par le service jeunesse de ma ville. Un sujet bateau sans questions pièges auprès d’une volontaire civique chargée d’encadrer l’événement. Quelle ne fut pas la réaction ! Je dus attendre la validation du directeur, en vacances, pour obtenir l’entretien et presque son retour pour le publier. J’étais également tenu de spécifier diverses informations faisant référence à la mairie en autant de clins d’oeil justifiant les subventions allouées au service jeunesse. De la promotion par les médias. Que j’ai esquivé.

Dire ou ne pas dire...

Le second événement est la couverture d’une soirée reggae. Etant moi-même chanteur dans une formation alternative, je n’ai pas d’a priori sur les différentes esthétiques musicales, bien au contraire. Force est pourtant de constater ce soir-là qu’il y a moins de cent personnes dans la salle durant la première partie de soirée que je couvre (20h-22h20) et surtout que plusieurs spectateurs ne fument pas que de la cigarette sans pour autant être inquiétés par le service d’ordre posté à moins de cinquante mètres. Quelle ne fut pas la réaction ! A la lecture de mon papier, les organisateurs ont directement exigé un droit de réponse, me reprochant d’assimiler le reggae à une musique de "drogués", terme que je n’ai employé à aucun moment. Ils auraient également vendu "deux cents tickets". Plus de cent retardataires sur la première partie de soirée ? Possible mais difficilement vérifiable, je suis payé à l’article, pas à l’heure : rester deux heures et vingt minutes sur un concert est déjà beaucoup même si je ne le fais pas uniquement pour l’argent.

Alors je vous le demande : quel est le rôle de la presse ? Faire de gentils articles ne froissant personne ou bien poser les bonnes questions ? Dans le dictionnaire, il y a 513 pages d’écart entre les définitions "journalisme" et "promotion". Il faudrait voir à ne pas l’oublier. Pour tout le reste, il y a la publicité.

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