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2 septembre 2013
armandvenere

L’ultralibéralisme : poison dans les veines de l’Europe

« Nous sommes Européens, pas Américains ». Les élites européennes se plaisent à répéter ce petit refrain qui ne trompe plus personne. L’Europe est devenue le chantre du libéralisme le plus exacerbé et les défauts des Etats-Unis sont devenus notre matrice idéologique. BCE, Commission européenne, Conseil européen, toutes ces structures à la légitimité pour le moins branlante imposent aux citoyens européens les règles les plus primaires d’un capitalisme financier qui ne vit que pour l’argent.

Que les banques veuillent accumuler des profits, cela est tout à fait compréhensible. Que le politique se couche devant l’institution bancaire et mette tout en œuvre pour faciliter son travail cela donne la nausée. Que peut-on attendre d’un commissaire européen comme Michel Barnier dont la seule mission est de réduire à peau de chagrin toutes les règles qui encadrent le commerce ? Grand manitou au service des banques, il s’apprête à supprimer les commissions d’interchange qui régulent le système de paiement par carte bancaire. Résultat attendu et déjà expérimenté dans des pays comme l’Espagne et les Etats-Unis, une forte augmentation des tarifs bancaires et des milliards d’euros de plus dans le coffre-fort des banques.

Malheureusement, Michel Barnier n’est pas le seul à l’œuvre et c’est toute la Commission européenne qui travaille au grand projet de la libéralisation des marchés à outrance. La croyance en les forces du marché et la haine de l’Etat et des peuples qui ont fondé les nations européennes est une idéologie quasi mystique qui ne doit rien laisser derrière son passage si ce n’est la sauvagerie d’un monde où l’argent prime sur le droit.

Quelle est la différence entre un Hollandais, un Anglais, un Français ou un Tchèque ? Aucune aux yeux de la Commission européenne qui ne résonne pas en termes de nationalité, mais de consommation. Les Européens sont avant tout des consommateurs qu’il faut plumer avant que la crise ne laisse plus la possibilité de se faire de l’argent facilement sur leur dos.

L’étape ultime vers l’ultralibéralisme a été franchie la semaine dernière avec l’accord sur le Marché Transatlantique. Les gouvernements européens de droite se font bien voir des Etats-Unis alors que les gouvernements de gauche, trop stupides et lâches, approuvent tout et même le pire. Ce que n’ont toujours pas compris (ou plutôt refusent de dire publiquement) les pseudo-élites européennes c’est que l’ultralibéralisme made in Europe est encore plus malsain que celui issu des Etats-Unis. Quand washington prône le libre-échangisme, il se garde bien d’ouvrir ses frontières à une concurrence étrangère trop rude. Les subventions pleuvent et protègent quantité de secteurs (agriculture, sidérurgie, aviation, etc…).

Les Européens s’appliquent des principes qui ne sont même pas respectés par l’instigateur originel que sont les Etats-Unis. Ceci n’est pas étonnant si l’on regarde la composition des cabinets ministériels, le parcours des commissaires européens et la mainmise d’une banque comme Goldman Sachs sur les structures politiques européennes. Monti, Draghi, Papadémos… tous des épigones de Goldman Sachs… La course vers l’ultralibéralisme arrive bientôt à son terme. Le train fonce à toute vapeur et seul le mur de la réalité viendra arrêter la course folle de l’Union européenne. Quel sera le prix payé par nous autres pauvres otages de dirigeants à l’incroyable cynisme ? L’avenir nous le dira, mais il est certain que la note sera salée.

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