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12 juillet 2013
Antoní Cala

La méritocratie, victime de l’austérité

L’idéal républicain ne peut pas se concevoir sans méritocratie. Les plus hautes places de la société doivent être occupées en fonction des capacités propres à l’individu et non de sa naissance. Aujourd’hui, dans des temps d’obscurantisme autoritaire, la méritocratie est plus que jamais menacée.

Mercredi dernier, la ministre de l’enseignement supérieur, Geneviève Fioraso annonçait à l’antenne de RMC la fin du dispositif de la bourse au mérite. Mis en place en 2006, celui-ci permettait aux élèves décrochant la mention "Très Bien" à l’épreuve du baccalauréat de toucher, s’ils étaient boursiers sur critères sociaux, une somme de 1800€ en 9 mensualités, en plus de la bourse "traditionnelle". Ainsi, des étudiants prometteurs pouvaient accéder à des formations auxquelles ils n’auraient pu prétendre pour de basses raisons financières. Il est inutile de se voiler la face : aujourd’hui, nombreux sont les jeunes talentueux et travailleurs qui doivent renoncer à des hautes études, qui leur permettraient d’accéder à des postes prestigieux. Souvent, cela implique d’étudier à Paris, ville où les étudiants ne disposant pas d’un certain capital se retrouvent démunis. La bourse au mérite était alors une voie d’accès rétablissant une certaine égalité entre les étudiants issus des différentes couches de la société.
Mais le gouvernement de "gauche" de François Hollande décide de renoncer en vertu de l’austérité triomphante de continuer à donner à chacun une chance de prouver ses capacités à servir notre nation. Désormais, seuls les mieux lotis pourront suivre des enseignements de haute qualité conduisant à des emplois à responsabilités. Voulons-nous d’une éducation élitiste, reproductrice des inégalités sociales ? Non, cette bourse au mérite était l’un des derniers tenants en France de la méritocratie républicaine, porteuse de l’idéal égalitaire. L’austérité ne doit pas venir à bout des principes moraux définitifs de notre conception de l’Etat de droits ! Il est de notre devoir de fournir à ceux qui le méritent une chance d’élévation sociale, en juste récompense de leurs efforts.
L’éducation doit être notre fierté nationale, pas la matérialisation de la domination de la ploutocratie.

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