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La question de la circoncision

13 août 2012
Hekalo

Une remise en cause des religions juives et musulmanes

Un débat hautement sensible s’installe au sein de la société civile depuis la décision du tribunal de Cologne (Allemagne) de condamner pénalement la circoncision pratiquée pour un motif religieux. Une question se pose alors sur la place de la religion dans l’éducation des enfants. Un rapport nouveau s’installe entre les parents et l’enfant, et une condition nouvelle est exigée aux religions visées pour que celles-ci puissent encore légalement exister.

La boîte de Pandore semble avoir été ouverte depuis le jugement du tribunal de Cologne rendu par les juges allemands. Ceux-ci considéraient en effet que la circoncision pratiquée pour un motif religieux était une atteinte à l’intégrité physique de l’enfant « modifiant durablement et de manière irréparable le corps d’un enfant ». Cette décision s’inspire notamment de la Convention internationale sur les droits de l’enfant du 20 novembre 1989 qui, dans son article 24, prône l’abolition des « pratiques traditionnelles préjudiciables à la santé des enfants ».

C’est une atteinte sèche contre les religions juives et musulmanes. La pénalisation de la pratique n’est ni plus ni moins « l’attaque la plus grave contre la vie juive en Europe depuis l’Holocauste » selon le rabbin Pinchas Goldschmidt de Moscou. Une union sacrée, plutôt rare, s’est installée entre les différentes religions monothéistes, et entre les différents partis politiques allemands afin qu’une rapide action législative permissive soit prise contre ce jugement.

Après le port du voile, la construction de minarets, la viande hallal, puis désormais la circoncision, les religions non chrétiennes semblent retenir une importante attention ces dernières décennies. L’État de droit se pose aujourd’hui la question de la place de la religion dans l’éducation. Quels sont les droits à respecter : la liberté religieuse face aux droits de l’enfant ; le droit au respect des traditions réclamé par les pratiquants face à la laïcité ? Pas tant à contre courant que cela, le juge allemand organise une hiérarchie des valeurs. Défendant les droits individuels de manière inconditionnelle depuis 1945, le magistrat destitue clairement le rôle du religieux au sein de l’éducation familiale, et s’oppose à toute prérogative spirituelle des parents sur l’enfant. Les religions juives et musulmanes ne peuvent s’imposer à l’enfant par la voie de la circoncision. L’enfant, touché dans sa chair, serait définitivement condamné à porter en lui l’obligation de croire. Le juge allemand est catégorique : dans leur pratique, les religions juives et musulmanes sont contraires aux droits fondamentaux des individus. Au même titre que l’excision, la circoncision serait aussi condamnable.

Seule la religion chrétienne semble donc conforme aux droits de l’Homme. Le baptême pratiqué sur l’enfant ne serait alors être ni une mutilation, ni un acte l’enfermant dans une religion. Une inégalité de fait et de droit se fonde donc entre les différentes religions, et ouvre au sein de la société, une fracture entre les pratiquants, les uns dans la clandestinité, les autres dans l’immunité.

Au delà du religieux, la violence dans les traditions est éminemment présente. Que peut-on dire du perçage des oreilles des jeunes filles ? Serait-ce une mutilation contraire aux droits de l’enfant ? Que peut-on penser de la fessée ?

À l’image des mots employés par François Fillon, « l’archaïsme » des pratiques religieuses juives et musulmanes sont remises en cause. Le tribunal de Cologne ouvre une brèche religieuse dans la libéralisation globale des rapports entre les parents et l’enfant. Le juge s’exprime dans un caractère punitif et pointe la question de la qualification légalement admissible de l’existence des religions monothéistes visées.

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